Assurance décennale électricien
L'installation électrique est l'une des premières causes d'incendie domestique : votre prime ne se calcule pas sur la valeur de ce que vous posez, mais sur celle de ce qu'un défaut peut détruire. Nous savons présenter ces dossiers — y compris IRVE, photovoltaïque et courants faibles.
L'incendie d'origine électrique : le sinistre qui définit votre métier
L'installation électrique figure parmi les toutes premières causes d'incendie domestique en France. Pour un assureur, cela résume votre risque : un défaut électrique ne coûte presque rien à réparer, mais ce qu'il déclenche peut détruire un bâtiment entier.
C'est pourquoi votre décennale n'est pas tarifée sur la valeur de ce que vous posez, mais sur la valeur de ce que votre intervention peut détruire. Un tableau à 1 500 euros dans un immeuble de trente logements, et le sinistre potentiel se chiffre en millions. Un dossier bien présenté anticipe cette lecture en montrant le type de bâtiments sur lesquels vous intervenez réellement.
Les sinistres qui reviennent le plus
- Échauffement par serrage insuffisant — bornes de tableau, raccordements de prises. La première cause d'incendie d'origine électrique, et la plus banale.
- Sous-dimensionnement des sections — conducteurs sous-calibrés au regard de la protection installée.
- Défaut de mise à la terre et de liaison équipotentielle — notamment en salle d'eau, où le risque devient corporel.
- Protection différentielle inadaptée — calibre ou type incorrect, circuits spécialisés non isolés.
- Percement de réseaux existants — saignées traversant une canalisation encastrée ou un élément de structure.
- Atteinte à l'étanchéité — passage de câbles en toiture ou en façade, fréquent sur les chantiers photovoltaïques et de bornes extérieures.
NF C 15-100 et Consuel : votre meilleure défense
La norme NF C 15-100 encadre les installations électriques basse tension des bâtiments. Elle n'est pas qu'une contrainte administrative : en cas de sinistre, c'est le référentiel auquel l'expert comparera votre travail. Une installation conforme, tracée et documentée change radicalement l'issue d'une expertise.
L'attestation de conformité visée par le Consuel, exigée pour toute mise en service après construction neuve ou rénovation complète, joue le même rôle. Conservez-en une copie : c'est la pièce qui, dix ans plus tard, montrera que l'installation était conforme le jour de la réception.
Ce que la décennale couvre vraiment chez un électricien. L'installation électrique est un élément d'équipement, mais la jurisprudence est constante : dès lors que le désordre rend l'ouvrage impropre à sa destination — un logement qu'on ne peut plus occuper en sécurité, un local privé d'alimentation — la garantie décennale s'applique, y compris sur travaux en existant.
En revanche, le simple dysfonctionnement d'un appareillage sans conséquence sur l'usage du bâtiment relève de la garantie biennale de bon fonctionnement. Les deux doivent être couvertes.
Les activités que les électriciens oublient de déclarer
Le métier s'est élargi plus vite que les contrats. « Installation électrique courant fort » ne couvre pas la moitié de ce que vous facturez aujourd'hui :
- Les bornes de recharge (IRVE) — activité distincte dans la plupart des contrats, avec un génie civil qui bascule le chantier en travaux de construction dès qu'il y a massif ou tranchée
- Le photovoltaïque — la fixation traverse la couverture : l'étanchéité est engagée, et beaucoup de contrats plafonnent la puissance sans le signaler
- Le chauffage électrique et la PAC — radiateurs, plancher chauffant, pompes à chaleur : libellés distincts
- La VMC et le traitement d'air — rattachés au lot ventilation, pas au lot électricité
- Les courants faibles — réseaux VDI, alarme, contrôle d'accès, vidéosurveillance, domotique
- L'éclairage extérieur et les réseaux enterrés — tranchées, fourreaux, massifs de candelabres
Si vous développez le solaire ou les pompes à chaleur, voir nos pages photovoltaïque et rénovation énergétique et pompe à chaleur.
Ce qui fait varier votre prime
- Le type de bâtiments — maison individuelle, collectif, tertiaire, industriel : l'enjeu financier n'a rien à voir
- La part de neuf et de rénovation — intervenir sur une installation existante dont vous n'avez pas la maîtrise est jugé plus risqué
- Les ERP — établissements recevant du public : réglementation incendie renforcée, sinistralité potentielle élevée
- La haute tension et les postes de transformation — activité séparée, souvent exclue des contrats généralistes
- Votre chiffre d'affaires et sa répartition — un dépassement non déclaré peut réduire l'indemnisation
- La sous-traitance — qui tire les câbles, qui raccorde, qui signe
Créateur, auto-entrepreneur ou résilié
L'électricité est l'un des métiers où l'on se met à son compte le plus tôt, et les créateurs se heurtent au même mur : sans bilan ni antécédents, la plupart des compagnies ne répondent pas. C'est un dossier que nous traitons quotidiennement, au même titre que les profils résiliés pour sinistralité ou pour non-paiement.
Voir nos pages créateurs et profils résiliés et changer d'assurance.
Questions fréquentes
Un électricien est-il obligé d'avoir une décennale ?
Oui. Dès lors que vous intervenez sur un ouvrage de bâtiment, l'assurance décennale est obligatoire au titre de l'article L. 241-1 du Code des assurances, quelle que soit votre forme juridique — société, auto-entrepreneur ou artisan. L'absence d'assurance est un délit, et le défaut de mention sur vos devis et factures est sanctionné par une amende de 4 500 €.
Ma décennale couvre-t-elle la pose de bornes de recharge IRVE ?
Rarement sans déclaration spécifique. La pose de bornes est une activité distincte dans la plupart des contrats, et elle se complique quand elle s'accompagne de génie civil — massif, tranchée, fourreaux — qui bascule le chantier en travaux de construction. Faites inscrire l'activité nommément avant votre premier chantier IRVE.
Une installation électrique relève-t-elle de la décennale ou de la biennale ?
Des deux, selon la conséquence du désordre. Si le défaut rend le bâtiment impropre à sa destination — risque d'incendie, d'électrisation, local privé d'alimentation — c'est la garantie décennale qui s'applique, y compris sur des travaux réalisés en existant. Si l'appareillage dysfonctionne sans conséquence sur l'usage du bâtiment, c'est la garantie biennale de bon fonctionnement, sur deux ans.
Le Consuel me protège-t-il en cas de litige ?
Il ne vous exonère pas, mais il pèse lourd. L'attestation de conformité visée établit qu'au jour de la mise en service, l'installation répondait à la norme NF C 15-100. Dix ans plus tard, face à un expert, c'est souvent la seule pièce qui documente l'état initial. Conservez-en systématiquement une copie, avec le schéma de l'installation.
Je pose du photovoltaïque en plus de l'électricité : suis-je couvert ?
Seulement si l'activité est déclarée, et attention au plafond de puissance : beaucoup de contrats s'arrêtent à 36 ou 100 kWc sans le signaler clairement. La fixation des panneaux traverse la couverture, donc l'étanchéité est engagée et le sinistre potentiel dépasse largement l'électricité. Nous plaçons ces dossiers jusqu'à 500 kWc.
Je démarre mon activité : puis-je obtenir une décennale électricien ?
Oui. L'absence d'antécédents n'est pas rédhibitoire, elle restreint simplement le nombre de compagnies susceptibles de répondre. Ce que nous présentons à leur place : votre expérience professionnelle antérieure, vos qualifications, le type de chantiers visés et votre prévisionnel. C'est un dossier que nous montons régulièrement.
Contenu rédigé et vérifié par La Marseillaise des Assurances, cabinet de courtage en assurances immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23005894, exerçant sous le contrôle de l'ACPR et membre de Votrasso, association professionnelle agréée. Information générale ne se substituant pas à l'examen de votre contrat. — Dernière mise à jour : septembre 2026.